[Vidéo] Assurance chômage : Le patronat fait capoter la négociation

Faute d’ouverture sur une majoration des cotisations sur les contrats courts, les partenaires sociaux réunis pour une huitième et dernière séance, n’ont pas tardé à acter l’échec de la négociation.

On a coutume de dire que les négociations sociales sont une course de fond, où tout se joue dans un sprint final. Cette fois-ci, la négociation d’assurance chômage entamée le 22 février s’achève sans surprise sur un constat de désaccord. Une première depuis 1982, où le patronat (alors dirigé par un certain Yvon Gattaz) avait déjà refusé d’augmenter les cotisations.


Assurance-chômage, le patronat fait échouer la... par CFDT_TV

Quelles suites ?

Le Medef ayant refusé de proroger les règles actuelles de l’assurance chômage, au motif que « cela reviendrait à considérer que le système actuel est satisfaisant », l’Etat va donc logiquement reprendre la main, comme le prévoit la loi. D’ores et déjà, la ministre du Travail a assuré que la continuité de l’indemnisation chômage serait assurée en décidant de proroger (par décret) « la convention d’assurance chômage actuellement en vigueur au-delà du 30 juin » et « en transposant l’accord unanime signé le 28 avril 2016 par les partenaires sociaux du spectacle ».

Elle encourage par ailleurs les négociateurs à reprendre des négociations à l’automne en vue d’aboutir à un accord sur le régime général d’assurance chômage. Mais de l’avis général, « la probabilité d’un tel calendrier est faible », résume Véronique Descacq.

Peu de chances également que le gouvernement ne choisisse, même si la loi l’y autorise, de fixer directement de nouvelles règles d’indemnisation des demandeurs d’emploi, sauf à imposer une sur-cotisation des contrats courts – comme il l’avait un temps envisagé dans le débat sur le projet la loi Travail.

Il est donc probable que la prorogation de la convention 2014 ne court jusqu’en 2017. Un coup dur pour le paritarisme, et pour le dialogue social dans le pays. « Au moment où justement le dialogue social est présenté comme une des solutions pour sortir le pays de la crise, pour sortir les salariés de la précarité… on a en face de nous des acteurs patronaux incapables de comprendre ce qu’est le dialogue social, de nouer des compromis dans le sens de l’intérêt général », concluait Véronique Descacq.