PSE : L’emploi aurait pu être sauvé sur le site ...

Dès l’annonce du PSE le 19 octobre 2017, le Syndicat Chimie-Energie CFDT Centre Val de Loire s’est très fortement mobilisé pour venir en soutien aux 235 salariés qui venaient d’apprendre la fermeture du site de Joué Lès Tours.

Pour beaucoup, un traumatisme après l’investissement de toute une vie.

Bien que peu implantée dans l’entreprise, la CFDT a fait le choix de venir en aide aux salariés au travers des distributions de tracts, de l’affichage et par voie de presse.

Le Syndicat a rencontré la Dirrect, le Maire, la Député et le Ministère du Travail redoublant d’efforts pour tenter de sauver l’emploi et trouver un repreneur attendu des salariés.

Malheureusement, les élus du Comité d’Entreprise n’ont jamais manifesté d’intérêt au travail collectif indispensable que proposait la CFDT.

Le rapport de l’expert-comptable du 09 janvier 2018 commandé par ces élus est venu confirmer les analyses dénoncées par le Syndicat CFDT dès le début novembre au Comité d’Entreprise (NR du 04/11/17).

Avec un marché des ventes directes en France stable depuis 2013, un arrêt de la production en Belgique aurait quasiment eu le même effet que l’arrêt de l’usine de Joué Lès Tours : baisse de la surcapacité en Europe avec fermeture en Belgique (43,1 à 25,7 contre 43,1 à 24,4 pour le site de Joué Lès Tours).

La baisse des coûts de production en Europe aurait baissé de 10% avec la fermeture du site Belge (contre 11,6% avec celle de Joué Lès Tours). En termes de productivité, le site de Joué Lès Tours était très largement devant les autres usines Européennes avec 11,69 cartons/heure machine contre 9,23 au Portugal, 8,11 en Belgique et 7,58 en Grèce.

Cette fermeture est principalement due à deux facteurs : la forte volatilité « force de ventes » qui a impacté directement les commissions sur ventes perçues par le site de Joué Lès Tours et la stratégie du Groupe qui a concentré son activité France sur des produits hauts de gamme à forte valeur ajoutée mais également à fort coût de production.

Pour le Syndicat Chimie-Energie CFDT Centre Val de Loire, Tupperware a une pleine et entière part de responsabilité dans sa stratégie « force de vente ».

Le Comité d’Entreprise n’a également pas joué son rôle de prévention, d’accompagnement et de propositions dans l’optimisation de l’outil de production.

Il aurait été plus prudent de repenser et diversifier la production notamment sur la « moyenne gamme » afin de maintenir l’activité sur le site.

La CFDT e que si le site de Joué Lès Tours réalisait des marges positives, les pertes étaient principalement localisées sur le site de Rueil. Selon nos informations, le site de Reuil pourrait fermer d’ici à 4 ans.

Les 54 concessions Françaises seraient alors desservies directement par des livraisons venues du Portugal.

Avec l’arrêt de la production programmée au 28 février prochain, le transfert de la production du site de Joué Lès Tours va venir renforcer la production des sites Portugais (transfert de 41% de la production), Grec (38%) et Belge (21%).

Par ailleurs, le site Portugais a créé une équipe de week-end depuis début 2018 pour absorber les volumes de Joué Lès Tours. Sic !

Pour la CFDT, c’est bien la preuve de la bonne forme d’un Groupe Américain qui a saisi l’opportunité de pouvoir fermer son site sur le seul critère du périmètre Français.

Fort de l’ensemble de ces éléments économiques factuels, la CFDT continue de s’interroger sur la stratégie mise en place par les élus du Comité d’Entreprise.

Le Syndicat regrette des prises de positions qui se sont bornées à négocier des enveloppes de départs, au détriment du maintien de l’emploi.

Bien que les montants supra légaux aient été revus à la hausse, le Syndicat estime que la répartition est faite en dépit du bon sens.

En privilégiant l’ancienneté à l’âge, un certain nombre de salariés de plus de 50 ans sans grande ancienneté se retrouveront vite en difficultés.

Le Syndicat Chimie-Energie CFDT Centre Val de Loire reste à la disposition de tous les salariés de Tupperware de Joué Lès Tours, de Reuil ou les indépendants, ou d’autres qui le souhaitent et les invite à la rejoindre pour ne plus jamais être seul face aux employeurs.