Des négociations "Bullshitées" ?

Deuxième séance de négociations chez Saint Gobain Abrasifs le mercredi 21 février. La Direction aurait-elle "Wauquiezié" sont discours depuis début 2017 ? C’est en tout cas la question que se pose la CFDT.

L’ histoire : Mars 2017, l’ensemble des OS signent l’accord d’intéressement 2017-2019. La Direction "vend" alors son projet accompagné d’un exemple chiffré et affirme aux partenaires sociaux que l’entreprise est sur une pente ascendante favorable.

Le 21 février 2018, la Direction a présenté des informations complémentaires qui ont mis en lumière une dynamique très négative sur le premier semestre avec plus de 4% de baisse des ventes. La CFDT estime que la négociation sur l’intéressement n’a pas été loyale et réfléchit aux suites qu’elle donnera à cet accord.

Tout au long de l’année 2017, dans diverses instances, la CFDT a réclamé des embauches pour compenser des départs non remplacés qui venaient impacter directement la charge de travail des salariés. Dans l’ensemble des instances, il a été systématiquement répondu que seule la stabilité serait élément déclencheur d’embauches.

21 février 2018, la CFDT a rappelé ces engagements. La Direction a présenté les volumes réalisés par usines de 2015 à 2017, incluant la tendance entre janvier 2017 et janvier 2018.
Le résultat est sans appel : stabilité, voir augmentation des volumes, sur les 3 dernières années, confirmé par une tendance positive en janvier 2018.

Pour autant, la Direction n’embauchera pas un nombre équivalent de salariés sur le départ pour conserver à minimas les effectifs de 2017, notamment dans les catégories "Ouvriers/Employés" et "Agents de Maîtrise". La charge de travail sera répartie sur les salariés restants. Pour mieux aborder la QVT et les souffrances au Travail ?

Sur les salaires, la Direction, après avoir pris note des informations erronées données aux Organisations Syndicales, s’est appuyée sur une indice Insee à 1,01% (selon elle) et aucun accord de Branche. Elle propose une Augmentation Générale de 0,4% pour les catégories "Ouvriers/Employés", 0,3% pour la catégorie "Agents de Maîtrise" et une augmentation individuelle "Cadres" dont l’enveloppe ne pourra pas être inférieure à 0,4%.

La CFDT a rappelé qu’il n’était pas entendable d’être sur un appauvrissement volontaire des salariés. Elle a indiqué que la Branche avait réussi à trouver un compromis avant la dénonciation de l’accord. Elle a également souligné la très grande différence qui existait entre les salaires moyens par coefficient dans la branche Chimie et les salaires moyens chez Saint-Gobain Abrasifs France (de 5 à plus de 10% d’écart dans de nombreux coefficients).

Pour la CFDT, l’entreprise ne met pas en oeuvre les moyens nécessaire pour permettre aux salariés de vivre leur travail dans de bonnes conditions.
Si les salariés font preuves de professionnalisme malgré une charge de travail importante, l’entreprise ne fait preuve ni de loyauté dans la transmission des informations, ni d’humanisme face à la souffrance des salariés au travail.

Avec le non-remplacement des départs et le transfert des charges de travail - pourtant contraire aux engagements pris - avec l’assèchement du personnel encadrant (Agents de Maîtrise) et des situations de travail de plus en plus difficiles pour certains Cadres (1 cadre sur 4 travaille pendant ses jours de repos - source "Les Echos"), Saint-Gobain Abrasifs France a l’objectif de faire progresser l’entreprise au dépens des salariés.

Pour la CFDT, cette démarche est contraire à l’obligation de l’employeur de veiller à la santé physique et mentale des salariés et condamne l’entreprise à l’échec à l’avance.

Le 23 février 2018, le Groupe a annoncé des résultats 2017 exceptionnels (Résultat Net de + 19,5%), avec une "Confirmation de la reprise en France", une "Croissance interne soutenue dans tous les Pôles et toutes les régions (+4,7%)" avec une "accélération au S2 (+6,0%) et au T4 (+6,5%)" et une croissance du pôle MHP de 5,8%.
Les actionnaires se voient redistribuer 44% du Résultat Net Courant avec un rendement à + 2,8 %.

A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. L’entreprise sait réduire quand rien ne va, elle doit savoir redonner quand tout va mieux.

Sous l’impulsion de la CFDT, l’ensemble des organisations syndicales ont décidé de s’interroger collectivement sur les actions à mener.

Prochaine réunion de négociations : lundi 05 mars

Téléchargez le tract CFDT :

Tract CFDT NAO
22 février 2018