Iran : un syndicaliste de premier plan détenu illégalement

Ismail Abdi, secrétaire général de l’Association professionnelle des enseignants d’Iran (ITTA) est détenu à la prison d’Evin à Téhéran depuis le 27 juin, pour avoir « organisé des rassemblements illégaux et y avoir participé » dans le cadre pourtant légitime de ses activités syndicalistes.

Avant qu’il ne soit arrêté le 27 juin, les agents du service des renseignements avaient convoqué Ismail Abdi plusieurs fois pour l’interroger et avaient exercé des pressions sur lui pour qu’il démissionne de son poste de secrétaire général de l’ITTA. Ils l’ont alors menacé d’exécuter immédiatement une peine de dix ans de prison avec sursis à laquelle a été condamné en 2010.

Ils l’ont accusé de « rassemblement et collusion contre l’Etat » et « participation à des rassemblements syndicalistes illégaux. Si Ismail Abdi est condamné à l’issue de la procédure judiciaire engagé contre lui, il risque plus de dix ans d’emprisonnement ferme.

Le 22 juillet des milliers d’enseignants ont essayé de se réunir devant le Parlement à Téhéran pour protester contre le harcèlement et les pratiques abusives dont sont victimes les enseignants syndicalistes, et pour demander la libération d’Ismail Abdi.

Au moins quatre autres enseignants, notamment Sayed Mohammad Bagheri, Ali Abkar Baghani, Alireza Hashemi et Rasoul Bodaghi, purgent des peines de prison en Iran pour des condamnations liées à leurs activités syndicales parfaitement légitimes.

Selon une déclaration du ministre iranien de l’Education et du Développement diffusée le 27 juillet, tous les enseignants arrêtés pendant la manifestation ont depuis été libérés.
L’Iran est signataire du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et est donc soumis à l’obligation de respecter l’article 22 qui dispose que « toute personne a le droit de s’associer librement avec d’autres, y compris le droit de constituer des syndicats et d’y adhérer pour la protection de ses intérêts ».

L’Iran a également ratifié le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, dont l’article 8 garantit tant « le droit qu’a toute personne de former avec d’autres des syndicats et de s’affilier au syndicat de son choix ».

Bien que le droit à la liberté d’association et de réunion pacifique soit reconnu par les articles 26 et 27 de la Constitution iranienne, ces dispositions sont limitées par des conditions islamiques exigeant par exemple que les rassemblements publics « ne soient pas préjudiciables aux principes fondamentaux de l’islam ».

Vous trouverez ci-joint un courrier à faire parvenir au Président de la République islamique d’Iran avant le 15 Septembre 2015.

lettre soutien Ismail Abdi
septembre 2015

Vous pouvez aussi en envoyer une copie à l’ambassade :
Ambassade de la République Islamique d’Iran
4 avenue d’Iéna
75116 Paris

Vous avez aussi la possbilité d’envoyer votre action par courriel : cabinet chez amb-iran.fr

En anglais sur le compte twitter : @HassanRouhani

Merci pour votre engagement,
la commission Syndicats d’Amnesty France.