Commission "Syndicats" du 7 février 2018

Des jugent libèrent Hassan DIAB et ordonnent un non-lieu.
Le Dr DIAB, citoyen canadien-professeur de sociologie à Ottawa, a été extradé du Canada vers la France en novembre 2014 au motif de son "implication" dans l’attentat de la rue Copernic de1980 bien que le juge canadien d’extradition aient trouvé les preuves présentées par les autorités françaises très "problématiques", "alambiquées", "illogiques" et "suspectes"...

Quelques jours avant l’extradition, l’un de nos partenaires - Solidaires- nous avait alertés sur ce cas, et AIF avait repris le communiqué d’Amnesty International Canada, lequel ne se prononçait pas sur le fond mais s’opposait à l’extradition pour cause d’irrégularités de procédure.

H.DIAB fut donc incarcéré en isolement dans une prison française.
Amnesty International France n’a pas cessé d’intervenir (échanges de courriers avec le Ministère des Affaires étrangères...) et avait récemment désigné une personne "référente" sur ce dossier.

Lors des 20 derniers mois 4 juges d’instruction ont ordonné par 8 fois la libération, la dernière en novembre 2017.Cependant à chaque fois le parquet a fait appel et la Cour d’appel a contre-demandé l’ordonnance de libération...

Aujourd’hui les 2 juges d’instruction antiterroristes ont rejeté les charges retenues contre Hassan DIAB au motif qu’il a été abondamment démontré qu’il ne pouvait pas être en France lors de l’attentat et des nombreuses contradictions et inexactitudes constatées dans les "notes de renseignement". Sur ces bases le non-lieu et la liberté immédiate ont donc été prononcés le 12 janvier dernier.

L’enseignement majeur retenu par le Comité de soutien à H.DIAB (son communiqué du17 janvier) se résume dans la demande urgente de renforcer l’indépendance de la justice française. Entre autres -comme le réclament les associations de défense des droits humains - qu’il ne soit plus possible d’utiliser les informations anonymes, non sourcées (émanant des services de renseignement français ou étrangers) lesquelles, de par leur nature, ne peuvent être ni contredites, ni même discutées par les avocats...

Brésil : Une année de turbulences pour les droits humains
« Les droits humains des Brésiliens sont battus en brèche. Au cours de l’année écoulée (2017), le Congrès national brésilien a promulgué un ordre du jour qui menace les droits humains, notamment le droit de manifester pacifiquement, le droit à la terre des populations autochtones et des communautés afro-brésiliennes et les droits des femmes en matière de sexualité et de procréation », a déclaré Jurema Werneck, directrice d’Amnesty International Brésil.

Les droits des enfants sont mis en péril : parmi les modifications proposées, figure une loi qui supprimera certaines protections de la justice pour mineurs pour les personnes âgées de moins de 18 ans, en violation du droit international relatif aux droits humains.
Les populations indigènes composées d’anciens esclaves affranchis pourraient voir leur droit à la terre entravé, car les modifications proposées par le Congrès privilégient les intérêts économiques au détriment des droits des peuples indigènes et tribaux garantis par la Constitution et le droit international.

Guatemala : Le nouvel homicide d’un dirigeant communautaire
Ronal David Barrillas Diaz, dirigeant communautaire et défenseur des droits humains, a été tué à Taxisco, dans le département de Santa Rosa au Guatemala.
Ronal David Barrillas était un leader indigène Xinka, membre du Parlement Xinka et membre

du Comité des communautés touchées par l’industrie sucrière, une association qui rassemble plus de 70 communautés. Il avait dénoncé l’ímpact environnemental des activités de l’agro-industrie sucrière de sa région, avait parfois collaboré avec le Comité pour la défense de la nature (CODIDENA) qui s’oppose au projet minier de l’Escobal (mine de San Rafael) et avait dénoncé l’absence de consultation libre, préalable et éclairée des communautés vivant aux alentours de la mine.
Son assassinat ne fait qu’accroître l’incertitude, la peur et le danger pour sa communauté et les organisations au sein desquelles il travaillait.

Amnesty International condamne fermement cette attaque et engage les autorités guatémaltèques à mener une enquête approfondie, indépendante et impartiale sur sa mort.

Cambodge : condamnation d’une militante des droits de la terre
Le Tribunal de Phnom Penh a déclaré Tep Vianny coupable de « violences intentionnelles avec circonstances aggravantes » et l’a condamnée à 2 ans et 6 mois d’emprisonnement. Il lui est reproché d’avoir participé d’avoir participé à une manifestation en Mars 2013 devant le domicile du Premier Ministre pour réclamer la libération d’un habitant de son quartier. Elle a été également condamnée à verser une amende à des policiers auxiliaires.

Aux FIDJI aussi, on harcèle les syndicalistes
A l’issue d’une série d’interrogatoires la police fidjienne a accusé le Secrétaire Général du Fidji Trade-Union Congress, Felix Anthony, de « saboter l’économie : « Il avait pris la parole dans un rassemblement de soutien aux employés de l’Air Terminal Services, mis à pied par leur employeur depuis plus d’un mois. Il avait alors mentionné la possibilité d’une action des travailleurs. La CSI a appelé le gouvernement, qui menace d’engager des poursuites au pénal, à mettre fin au harcèlement que subit Felix Anthony.

Honduras : Répression policière contre des manifestations pacifiques
La CSI a condamné le recours à la violence par les forces de sécurité de l’Etat du Honduras.
Les citoyens se sont rendus aux urnes au milieu d’un flot de controverses et plaintes de fraude électorale. Ces irrégularités ont donné lieu a des protestations et manifestations pacifiques dans tout le pays.
Le gouvernement a réagi en imposant un état d’exception restreignant les libertés civiles. En plus de cette mesure, de nombreuses sources ont fait état de violations flagrantes des droits humains, y compris l’utilisation de munitions réelles par les personnels militaires, des détentions sommaires et la déportation des journalistes. D’après différentes sources – y compris celles d’AI – depuis le début des événements, 34 personnes auraient été tuées.
« Depuis le coup d’état de 2009, le Honduras a été plongé dans une crise politique, économique et humanitaire. Les syndicalistes, les écologistes et les peuples indigènes se sont trouvés au-devant de la lutte pour la restauration de la démocratie et, par conséquent, ont toujours été la cible d’actes d’une violence extrême », a indiqué Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI.

RUSSIE : UN SYNDICAT DISSOUS
L’Association Internationale des Syndicats des Travailleurs (AIST) a soutenu une action collective des camionneurs. Ceux-ci protestaient contre des hausses de taxes et auraient publié sur leur site web des critiques à l’égard de la politique socio- économique du gouvernement. Un tribunal de Saint- Pétersbourg vient de décider de dissoudre le syndicat au motif « d’ingérence dans les activités politiques ». Le tribunal a également mis en cause le caractère multisectoriel du syndicat, le fait d’avoir organisé, en 2015 et 2016, des ateliers de formation avec le soutien de l’Industrial Global Union, et d’avoir soutenu « illégalement » une pétition en ligne en faveur de l’indexation des salaires.

La CSI (confédération syndicale internationale) et les FSOI (Fédérations Syndicales Internationales) protestent contre le procès des syndicalistes indépendants en Algérie
La CSI, Industrial ALL, la PSI et l‘UITA ont adressé une lettre conjointe à l’ambassade d’Algérie à Genève pour protester contre le procès imminent des dirigeants syndicaux, Abdelkader Kawafi et Kaddour Chouik, appartenant à la Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie (CGATA).

Les dirigeants syndicaux de cette organisation continuent de faire l’objet d’intimidations et de procédures judiciaires et de se voir infliger des amendes et des peines de prison en représailles à leur défense de la liberté syndicale de leurs membres. En juin 2017 l’OIT a exhorté le gouvernement algérien à mettre fin à toutes les pratiques d’intimidation et de violence policière contre les dirigeants syndicaux, à procéder immédiatement à l’enregistrement des syndicats indépendants et à réintégrer les travailleurs licenciés en raison de leur militantisme syndical.

TURQUIE : encore des syndicalistes emprisonnés.
Le 6 février Elif Cuhadar, membre du Comité Exécutif du syndicat turc KEFKA a été arrêtée au motifde sa participation à un débat public à Izmir, il y a 4 ans. Par ailleurs Elif est aussi membre du Comité des Droits Humains et Syndicaux de la CSI et avait participé à une réunion à Bruxelles le 28 Novembre pour dénoncer les politiques antisyndicales appliquées dans son pays .

COREE : le patron de Samsung est libéré alors que les dirigeants syndicaux restent privés de justice
Une Cour d’appel à Séoul vient de libérer Lee Jae-yong, le vice-président de Samsung Electronics, accusé de corruption représentant des milliards de dollars alors que 2 dirigeants syndicaux restent détenus pour avoir lutté pour les droits de 6,4 millions de travailleurs.

Han Sang-gyun (président du syndicat KCTU) est en prison depuis 2 ans pour avoir simplement exercé son droit à la liberté d’association et de réunion pacifique ; le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a lancé un appel en faveur de sa libération immédiate et d’une indemnisation.

Lee Yong-jo (ancienne secrétaire générale de ce même syndicat) comme son président actuel sont poursuivis pour le rôle qu’ils ont joué dans le rassemblement populaire de novembre 2015 en lutte contre les mesures gouvernementales renforçant la précarité du travail.

Sharan BURROW, secrétaire générale de la CSI déclare :"...Ce n’est qu’en libérant ... (ces deux dirigeants) que la Corée du sud pourra restaurer la confiance dans la justice, les droits et la liberté des travailleurs et des travailleuses."