Colombie : Amnesty International craint pour la sécurité de responsables syndicaux

Le 3 mars, Ricardo Machado et Wilder Martínez, respectivement président et trésorier du Syndicat national des travailleurs des entreprises du secteur minier et de l’énergie (SINTRAMIENERGETICA) à La Jagua de Ibírico, ont été menacés de mort. Wilder Martínez a reçu le SMS anonyme suivant « Écoutez, toi fils de pute et ce Ricardo, vos jours sont comptés parce que vous fourrez votre nez dans des choses qui ne vous regardent pas, ne faites plus rien ou on vous la fera fermer, salauds de guérilléros, vous avez déjà oublié ce qui est arrivé à Horcasita , premier et dernier avertissement. Le mot « Horcasita » faisait référence à la torture et à l’homicide de Víctor Orcasita, vice-président du SINTRAMIENERGETICA – faits commis par des paramilitaires le 12 mars 2001.

Les deux responsables cités défendent leur syndicat contre les entreprises minières Carbones de La Jagua et Consorcio Minero Unido, appartenant toutes les deux à la multinationale Glencore. En effet, celles-ci ont intenté une action en justice concernant la légalité d’une grève organisée par SINTRAMIENERGETICA du 19 juillet au 23 octobre 2012, ainsi que d’autres grèves qui avaient eu lieu en 2011 et 2006. Ricardo Machado et Wilder Martínez font aussi campagne afin que les entreprises minières ne puissent pas mener des activités qui, selon eux, seraient dangereuses pour un cours d’eau de la région.

La Colombie est l’un des pays où le taux d’homicides de syndicalistes est le plus élevé. Ils subissent des menaces à répétition et certains sont tués dans le cadre de différends professionnels ou de campagnes pour la hausse des salaires et l’amélioration des conditions de travail. Nombre d’entre eux sont victimes d’exécutions extrajudiciaires ou de disparitions forcées orchestrées par les paramilitaires, seuls ou avec la connivence des forces de sécurité.

De plus, les forces de sécurité et les paramilitaires accusent souvent les syndicalistes d’être des sympathisants ou des alliés des guérilléros. Les guérilléros, pour leur part, menacent et tuent les personnes qu’ils accusent de collaborer avec leurs ennemis.

Pour soutenir cette action :